Myrte : histoire, symbole, qualité et saveur de l’antiquité à nos jours
« Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn,
Les oranges dorées s’illuminent dans l’eau sombre,
Un vent plus sain souffle sur l’Himmel bleu,
Die Myrte still und hoch der Lorbeer steht ? »
– J. W. von Goethe, Mignons Lied (1796)

Myrtes avec fruits sur la terrasse de la Goethe Haus à Palerme
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Introduction : brève histoire du myrte de l’Antiquité à nos jours
Lemyrte (Myrtus communis L.) est une plante à feuilles persistantes de la famille des Myrtacées, répandue dans toute la région méditerranéenne, de la côte du Maghreb aux îles Tyrrhéniennes, de la péninsule ibérique à l’Asie mineure. Avec ses petites fleurs blanches, ses baies bleu-noir brillantes et ses feuilles coriaces à l’odeur résineuse, le myrte accompagne la civilisation humaine depuis des milliers d’années en tant qu’emblème de la beauté, du sacré et de la vie.
Le Myrtus communis vit dans une zone allant de la Méditerranée à l’Asie occidentale et au Pakistan ; son habitat typique est constitué de forêts ouvertes, de garrigues et d’arbustes à feuilles persistantes. L’espèce tolère la sécheresse, les vents saumâtres et les sols pauvres, grâce à ses feuilles coriaces riches en glandes aromatiques : c’est pourquoi elle devient l’une des plantes clés de la macchia méditerranéenne après les incendies et les destructions, lorsqu’elle repousse rapidement à partir de la souche.

Figure 1 : Fleurs de Myrtus communis : la corolle blanche et les étamines voyantes expliquent l’association ancienne du myrte avec la pureté, les noces et la grâce. Source : Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Dans les cultures mésopotamiennes et la tradition juive, le myrte(hadas) était un signe de paix et de grâce : il est encore l’un des quatre symboles rituels de la fête de Sukkot, explicitement mentionné dans le Lévitique (23:40). Dans le monde grec, le myrte était consacré à Aphrodite : la déesse de l’amour cachait sa nudité derrière un buisson de myrte lorsqu’elle émergeait de la mer, et la plante devint dès lors un attribut des mariées et des cortèges nuptiaux. Des guirlandes de myrte ornaient les coupes des symposiums platoniciens et Plutarque rappelle que les Athéniens couronnaient les magistrats et les ambassadeurs de myrte en signe d’autorité civique.
Chez les Romains, le myrte était également sacré pour Vénus. Dans le temple de Vénus Myrtée, sur le Capitole, les prêtresses tressaient des couronnes pour les jeunes mariés, et Pline l’Ancien, dans sa Naturalis Historia (livre XV), décrit soigneusement deux variétés : le myrtos tarentina, plus sauvage, et le myrtos domestica, cultivé dans les jardins. Ovide dans les Fasti et Virgile dans les Géorgiques mentionnent le myrte comme la plante des mariages et de l’immortalité de l’amour.
Au Moyen Âge, la sacralité païenne du myrte s’est transformée en symbolisme chrétien : la plante est devenue un attribut de la Vierge Marie, icône de la pureté et de la chasteté. Des ouvrages d’herboristerie comme le De Materia Medica de Dioscoride (transmis dans des copies arabes et latines) et le Liber de Plantis du pseudo-Aristote vantent ses propriétés médicinales. La Renaissance redécouvre le myrte dans une perspective néoplatonicienne : dans les Trionfi de Pétrarque, la plante orne le char de Laura, et les botanistes du XVIe siècle – de Pier Andrea Mattioli à Rembert Dodoens – systématisent sa classification et ses vertus thérapeutiques.
À partir du XIXe siècle, le myrte est entré dans la grande littérature romantique européenne comme symbole de la Méditerranée idéale, de la Grèce et de l’Italie rêvées par les poètes et les écrivains du nord de l’Europe. Au XXe siècle, la plante s’est consolidée en tant qu’élément d’identité de la Sardaigne – où sa culture et la distillation de la liqueur représentent une excellence alimentaire et vinicole reconnue dans le monde entier – sans perdre sa valeur symbolique dans l’art et la poésie.

Figure 2 : Myrte avec des fruits près de Makrylia, en Crète : un environnement sec et lumineux qui s’apparente au maquis méditerranéen décrit dans l’essai. Photo : Robert Flogaus-Faust, Wikimedia Commons, CC BY 4.0.
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1. La myrte chez Goethe : poésie, science et Weltliteratur
1.1« Mignons Lied » : le vers de myrte
Le poème le plus célèbre lié au myrte dans la littérature allemande – et parmi les plus célèbres de l’opéra mondial – est le Mignons Lied, le chant de Mignon, composé par Goethe vers 1782 et inclus dans le roman Wilhelm Meisters Lehrjahre (Les années d’apprentissage de Wilhelm Meister, 1795-96). Le texte est chanté par le personnage de Mignon, une enfant mystérieuse et mélancolique arrachée à son Italie natale, qui, dans l’arpège des regrets, invoque la terre du Sud comme la patrie perdue de l’âme.
Le texte original de la première strophe se lit comme suit :
Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn,
Les oranges dorées s’illuminent dans l’eau sombre,
Un vent plus sain souffle sur l’Himmel bleu,
Die Myrte still und hoch der Lorbeer steht ?
Comment vous sentez-vous ?
Dahin ! Dahin
Möcht ich mit dir, o mein Geliebter, ziehn.
– J. W. von Goethe, Mignons Lied (1782/1796)
En traduction italienne :
Vous connaissez le pays où fleurissent les citrons,
où les oranges dorées brûlent parmi les feuilles sombres,
où un vent doux souffle du ciel bleu,
où le myrte se tait et le laurier se dresse ?
La connaissez-vous ?
Là, là
Je voudrais partir avec vous, ô mon bien-aimé.
Le vers« Die Myrte still » – « le myrte est silencieux » – est d’une extraordinaire densité symbolique. Le myrte n’est pas un ornement décoratif : c’est une présence silencieuse, presque une qualité de l’air méditerranéen, le contrepoint humble et parfumé du laurier triomphant. Le silence du myrte fait allusion à sa nature sacrée, à la chasteté de la déesse et de l’épouse, mais aussi à une mélancolie discrète qui imprègne tout le chant. Goethe concentre dans ce« silence » la nostalgie du Nord pour le Sud, la Sehnsucht romantique pour un ailleurs lumineux et inaccessible.
Dans la structure de Wilhelm Meister, le chant de Mignon remplit une fonction capitale : il est le centre lyrique et thématique de l’ensemble du roman de formation(Bildungsroman). Mignon représente la Sehnsucht en personne, l’aspiration à un idéal de beauté et de patrie qui ne peut être atteint sans que la vie elle-même ne se dissolve. Ce n’est pas un hasard si le personnage meurt avant de retourner en Italie : le myrte « silencieux » est aussi le myrte funéraire, la plante de la mort digne et aimante. Des générations de lecteurs, de poètes et de compositeurs ont identifié cette strophe comme le manifeste littéraire du Grand Tour et du mythe de l’Italie.
Pour le texte intégral du poème :
1.2 Réception musicale et littéraire du lied des Mignons
Le poème de Goethe a inspiré plus de soixante-dix compositeurs. Les versions les plus célèbres sont celles de Franz Schubert (D. 321, 1815 ; vous pouvez l’écouter en cliquant sur le lien : F. SCHUBERT, Goethe Lieder ‘Kennst du das Land’) et celle de Hugo Wolf (1888), ainsi que Mignon (1866) d’Ambroise Thomas, un opéra dans lequel le chant des myrtes devient l’aria principale de la soprano. Beethoven, Schumann et Liszt se sont également essayés au texte. En littérature, le Mignons Lied est cité ou varié par Thomas Mann dans Les Buddenbrooks et La Montagne magique, par Theodor Fontane, par Rainer Maria Rilke et, dans l’Italie du XXe siècle, par Carlo Emilio Gadda.
1.3 La myrte dans d’autres œuvres de Goethe
Au-delà du lied des Mignons, le myrte revient à plusieurs reprises dans l’œuvre de Goethe. Dans Faust (partie I, scène du jardin), le symbolisme végétal des couronnes de fleurs fait référence au symbolisme nuptial du myrte. Dans les Römische Elegien (Élégies romaines, 1795), composées après le séjour italien de 1786-88, le myrte apparaît comme un élément du paysage amoureux romain, entrelacé avec la joie sensuelle du Sud. Dans l’Italienische Reise (Voyage en Italie), le journal de son Grand Tour, Goethe observe le myrte d’un œil à la fois poétique et scientifique : il reconnaît la plante sur la côte napolitaine, note son parfum, la forme de ses feuilles, son habitat rocheux. Le naturaliste en lui n’est jamais séparé du poète.
Dans son œuvre scientifique – Goethe était botaniste, minéralogiste et théoricien de la morphologie végétale – le myrte est un cas emblématique de sa théorie de l’Urpflanze (archétype de la plante originelle), l’idée que toutes les formes végétales sont des variations d’un même plan morphologique. La feuille de myrte, avec ses nervures denses et sa structure simple, est dans Métamorphose des plantes (1790) l’un des exemples de la beauté géométrique de la nature.
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2. Le symbolisme du myrte dans la littérature universelle
2.1 Du mythe grec à la tradition juive
Le myrte est l’une des plantes les plus symboliques de l’histoire de l’humanité. En Grèce, il était le principal attribut d’Aphrodite : ses baies noires étaient associées à la fertilité féminine, la blancheur de ses fleurs à la pureté. Les mariées grecques portaient des couronnes de myrte ; ceux qui tombaient au combat étaient enterrés avec des branches de myrte. Dans la tradition orphique, le myrte était la plante des initiés aux mystères : les branches tressées dans les tombes d’Olbia (IVe siècle av. J.-C.) témoignent de son rôle de passeport pour l’au-delà.
Dans la Bible, le myrte (hadas en hébreu) est un symbole de justice et de grâce divine. Dans le livre d’Isaïe (41:19 ; 55:13), sa croissance spontanée dans le désert est un signe de la rédemption d’Israël. La reine Esther porte le nom hébreu de Hadassah, c’est-à-dire « myrte » : une identité végétale qui englobe la beauté, la force cachée et le salut du peuple. Dans la mystique juive médiévale, le myrte est associé à la Shekinah, la présence divine féminine, et est toujours porté en procession lors de la fête de Sukkot, avec le palmier, le cèdre et le saule.
Un autre nœud symbolique, utile pour clarifier la continuité entre les mondes grec et latin, est Pausanias : dans sa Description de la Grèce, il associe explicitement la rose et le myrte à Aphrodite et Adonis. Le myrte n’est donc pas seulement un emblème nuptial, mais aussi une plante de la métamorphose, de l’éros et de la mémoire rituelle.
2.2 Le myrte dans la littérature latine et la Renaissance
Virgile, dans l’Enéide (livre VI), place le myrte dans les Lugentes Campi, les champs de deuil des Enfers, où les âmes des victimes d’un amour malheureux « celant se silvis et myrtea circum / silva tegit » – se cachent dans les bois et une forêt de myrte les recouvre (VI, 443-444). Le myrte est donc aussi une plante funéraire, un consolateur de la douleur de l’amour. Ovide, dans l’Art d’aimer et dans les Métamorphoses, utilise le myrte comme toile de fond des épisodes amoureux. Properce et Tibulle le citent comme emblème élégiaque de la passion.
À la Renaissance italienne, le myrte entre dans l’actualité du paysage arcadien. Sannazaro dans Arcadie (1504) peuple les bois de myrtes et de lauriers comme symboles de la poésie pastorale. L’Arioste dans Orlando Furioso et Tasso dans Gerusalemme Liberata recourent au myrte comme plante du sortilège amoureux et du jardin féerique.
À la série latine s’ajoute Horace qui, dans le Persicos odi (Carmina I, 38), oppose le myrte simple aux ornements persans : la plante devient ici une mesure d’élégance sobre, conviviale et amoureuse. Ce détail permet de comprendre pourquoi le myrte passe si naturellement des temples aux intérieurs domestiques, des couronnes sacrées à la table.
2.3 Les « myrtes divins » chez D’Annunzio : La pioggia nel pineto
Le poème La pioggia nel pineto de Gabriele d’Annunzio, publié dans Laudi del cielo del mare della terra e degli eroi (Alcyone, 1903), est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre absolus de la poésie lyrique italienne moderne. Le myrte y est présent dans un passage clé, dense en implications symboliques et sensuelles.
Les versets sonnent :
Il pleut sur les tamaris
saumâtre et brûlé,
il pleut sur les pins
écailleux et hérissé,
il pleut sur les myrtes
divine,
sur l’ajonc lumineux
de fleurs sont les bienvenus.
…et votre visage
est doux avec la pluie
comme une feuille,
et vos cheveux
aulse comme
les genévriers clairs
sur la mer Adriatique ;
…
Écoutez, écoutez. La chanson
des cigales
plus elle devient sourde sous les pleurs
se développent ;
mais une heure est silencieuse.
Et j’entends dans les branches
les myrtes divins
frisson…
– G. d’Annunzio, La pioggia nel pineto (Alcyone, 1903)
L’expression « myrtes divins » est l’une des plus denses et des plus significatives de tout le poème. Le myrte ici n’est pas simplement une plante du sous-bois méditerranéen : il est « divin » parce qu’il porte en lui tous les échos de la tradition classique – la sacralité aphrodisiaque, le symbole nuptial, la consécration arcadienne – et qu’il les fusionne avec la sensorialité moderniste de D’Annunzio. Le myrte « frémissant » sous la pluie est une métaphore du frisson de plaisir qui traverse la forêt et les corps des deux amants.
Sur le plan phonique, le mot « myrte » porte une constellation de sons sombres et profonds (le m initial, le r vibrant, le t occlusif) qui s’accordent avec le « frémissement », le son grave et continu de la pluie. D’Annunzio opère ici un panisme total : la nature n’est pas un arrière-plan mais un sujet vivant, et le myrte est l’un de ses gardiens sacrés. La forêt n’est pas simplement humide : elle est consacrée par la présence de ces plantes divines qui transmettent au paysage l’héritage d’Aphrodite, de Vénus, de toute la civilisation méditerranéenne du désir.
D’Annunzio utilise également le myrte dans Alcyone et dans sa production poétique antérieure. Dans le lyrique La sera fiesolana (Le soir de Fiesole), le paysage toscan est parsemé de plantes sacrées qui renvoient au classicisme ; dans les proses Fuoco (Feu) et Trionfo della morte (Triomphe de la mort), la présence du myrte dans les paysages lagunaires et côtiers réitère le lien entre Eros, la mort et la nature. Pour D’Annunzio, le myrte est toujours à la fois parfum, mythe et chair.
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3. Le myrte dans la pharmacopée ancienne et moderne
3.1 Sources classiques
Pedanius Dioscorides, dans De Materia Medica (1er siècle après J.-C., livre I, chapitre 155), décrit le myrte de manière très précise : il distingue trois variétés (blanche, noire et sauvage), énumère les parties utilisées (feuilles, baies, écorce, graines) et indique ses propriétés astringentes et antiseptiques. Les feuilles en décoction étaient utilisées contre les ulcères, les maladies des yeux, les affections pulmonaires et les infections urinaires. Le moût de myrte(myrtites) était recommandé pour les maux d’estomac.
Pline l’Ancien, dans sa Naturalis Historia (livre XV, XXXVII), énumère les mêmes propriétés et ajoute que le jus des baies était utilisé comme teinture pour les cheveux et que le bois de myrte, lorsqu’il était brûlé, produisait une fumée convenant à la conservation de la viande. Dans ses traités de pharmacologie, Galien classe le myrte parmi les plantes « froides et sèches » du deuxième degré de l’échelle humorale : il convient donc de traiter les inflammations et les affections « chaudes et humides » telles que les fièvres intestinales.
Au Moyen Âge arabe, Ibn Sina (Avicenne), dans le Canon de la médecine, reprend Dioscoride et renforce la prescription du myrte contre les diarrhées, les hémorragies et les infections cutanées. Al-Biruni et Ibn al-Baytar répertorient le myrte dans leurs traités d’herboristerie sous le nom arabe de as (ou murd) et vantent son action hémostatique.
3.2 La Renaissance et la pharmacopée moderne
Pier Andrea Mattioli, dans ses Commentarii ai Sei libri di Dioscoride (Venise, 1544), offre une description botanique précise du myrte et met à jour ses indications thérapeutiques. Mattia de l’Obel, botaniste flamand du XVIe siècle, puis John Gerard dans son Herball (1597) font connaître le myrte en Europe du Nord, en soulignant ses propriétés toniques et digestives.
La chimie moderne a confirmé et élargi la pharmacopée ancienne. Les feuilles et les baies de Myrtus communis contiennent un riche mélange de composés bioactifs :
Huiles essentielles (1,8-cinéole / eucalyptol, α-pinène, linalol, limonène) : responsables de l’action antibactérienne, antivirale et balsamique. Le cinéole, en particulier, est un puissant expectorant et bronchodilatateur, d’où son utilisation dans le traitement des bronchites, des sinusites et des infections des voies respiratoires.
Polyphénols et flavonoïdes (myricétine, quercétine, catéchines) : puissante action antioxydante qui neutralise les radicaux libres, ralentit le vieillissement cellulaire et réduit le risque de maladies cardiovasculaires.
Tanins (acide gallique, élagitannins) : action astringente et anti-inflammatoire sur les muqueuses gastro-intestinales. Utile en cas d’entérite, de diarrhée et de troubles intestinaux.
Anthocyanes et pigments phénoliques dans les baies : ils contribuent à la couleur bleu-noir et à l’action antioxydante. Il est bon de distinguer le myrte de la myrtille : certains noms commerciaux et populaires se chevauchent, mais les plantes appartiennent à des familles botaniques différentes.
Acides organiques (acide citrique, acide malique) : propriétés digestives et détoxifiantes.
Des études cliniques et pharmacologiques récentes (notamment les travaux du groupe du professeur Giovanni Appendino à l’université du Piémont oriental et les recherches publiées dans Molecules and Phytotherapy Research) ont confirmé les propriétés antimicrobiennes de l’extrait de myrte contre Staphylococcus aureus, Escherichia coli et Candida albicans, ce qui ouvre des perspectives d’applications pharmaceutiques et cosmétiques.
D’un point de vue organoleptique, les baies de myrte ont un parfum complexe : des notes résineuses et balsamiques en tête (pinène, cinéole), un cœur floral et épicé (linalol, eugénol) et un fond doux-amer conféré par les tanins et les anthocyanes. Les feuilles, plus amères et plus riches en huile essentielle, sont utilisées comme épices dans la cuisine sarde pour aromatiser les viandes rôties (porcetto) et les salaisons.

Figure 3 : baies de myrte mûres : la couleur bleu-noir provient des pigments phénoliques et anthocyaniques, qui sont également essentiels pour la liqueur traditionnelle. Source : Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
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4. Le myrte dans la production moderne d’extraits et de liqueurs
4.1 Extraits phytothérapeutiques et cosmétiques
L’industrie pharmaceutique et cosmétique moderne a développé une large gamme de produits à base de myrte. En phytothérapie, ils sont commercialisés :
extraits secs ou fluides titrés en polyphénols, flavonoïdes et fractions d’huiles essentielles, avec des utilisations traditionnelles comme antioxydants, balsamiques et astringents ;
teintures mères et glycérol de Myrtus communis, utilisées en homéopathie et en phytothérapie pour les affections bronchiques et les cystites récidivantes ;
huiles essentielles de myrte pour l’aromathérapie, les diffuseurs d’ambiance et les produits d’inhalation pour les affections respiratoires ;
extraits hydro-alcooliques pour usage topique dans les crèmes, sérums et toniques pour peaux grasses et acnéiques, en raison de leur action séborégulatrice et antibactérienne.
Dans la cosmétique méditerranéenne contemporaine, le myrte apparaît principalement dans les toniques, les nettoyants, les parfums et les lignes dermo-cosmétiques inspirées des maquis sardes et corses ; en phytothérapie, il reste plus prudent de parler d’usage traditionnel et d’extraits étudiés en laboratoire, et non de substituts médicamenteux.
4.2 Liqueur de myrte : l’excellence sarde dans le monde
La liqueur de myrte représente la production alcoolique sarde la plus célèbre et l’une des excellences de la scène liqueuristique italienne. Son histoire est ancrée dans la tradition agropastorale de la Sardaigne : les bergers ramassaient les baies dans les bois en automne, les laissaient macérer dans de l’alcool de marc ou de l’aqua-vitae, obtenant ainsi un digestif qui les réchauffait les soirs de bivouac. La première production commerciale remonte aux années 1970, des entrepreneurs sardes ayant transformé une tradition domestique en un produit exporté dans le monde entier.
Aujourd’hui, les principaux producteurs industriels et artisanaux sardes sont Zedda Piras (le plus important en volume), Sella & Mosca, Silvio Carta, Lu Mirtinu, Lussurgiu et des dizaines de petites distilleries artisanales. Le marché du myrte de Sardaigne génère un chiffre d’affaires d’environ 30 millions d’euros par an, avec des exportations importantes vers l’Allemagne, les États-Unis, l’Australie et le Japon.
Il en existe deux types principaux : le myrte rouge (ou noir), produit à partir des baies bleu-noir mûries entre octobre et janvier, et le myrte blanc, produit à partir des baies blanches ou jaunâtres d’une variété moins courante, ou à partir des feuilles et des rameaux de la plante. Le myrte rouge est plus corsé, sucré et tannique ; le myrte blanc est plus délicat, floral et aromatique.

Figure 4 : Macération de baies dans l’alcool : la méthode à froid préserve la couleur et l’arôme de la baie. Source : Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
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5. Recettes pour l’élaboration de la liqueur de myrte
5.1 Myrte rouge (traditionnel)
Le myrte rouge traditionnel de Sardaigne est préparé par macération à froid : la chaleur détruirait les délicates anthocyanes responsables de la couleur et d’une partie des arômes. Les baies sont récoltées strictement entre novembre et janvier, lorsqu’elles sont bien mûres et riches en sucres et en pigments.
Ingrédients (pour environ 1,5 litre de liqueur)
500 g de baies de myrte noir mûres (fraîches, non lavées à l’eau chaude)
750 ml d’alcool de bouche pur à 95
400 ml d’eau minérale naturelle
350-400 g de sucre en poudre (ou de sucre de canne brut pour un profil plus complexe)
1 petit brin de myrte avec les feuilles (facultatif, pour intensifier la note herbacée)
Procédure :
Macération (30-60 jours) : Dans un bocal en verre hermétique, versez les baies entières (non écrasées, pour éviter l’excès de tanins astringents) dans l’alcool. Ajoutez éventuellement la branche de myrte. Conserver à l’abri de la lumière, à température ambiante (16-20 °C), en agitant légèrement tous les 2 ou 3 jours. La durée minimale de macération est de 30 jours, mais 45-60 jours donnent un résultat plus rond.
Sirop : à la fin de la macération, préparer un sirop en portant l’eau à 60-70 °C (sans ébullition) avec le sucre, en remuant jusqu’à dissolution complète. Laissez refroidir complètement.
Montage : Filtrez l’alcool macéré à travers une passoire fine, puis à travers un papier filtre à café ou un tissu en coton. Ajoutez le sirop froid à l’alcool filtré et remuez doucement. Le titre final sera d’environ 28-32° d’alcool.
Repos (vieillissement) : Mettez en bouteille et laissez reposer dans un endroit frais et sombre pendant au moins 30 jours avant de consommer : la liqueur s’affine et s’arrondit encore. Idéalement servie fraîche (0-4 °C) en digestif ou légèrement frappée.
Note : La proportion sucre/eau peut être modifiée à volonté. Pour un myrte plus sec (style artisanal ancien), réduisez le sucre à 280-300 g ; pour un myrte plus doux et plus velouté, réduisez-le à 450 g. Certains producteurs artisanaux ajoutent une cuillère à café de miel d’arbousier de Sardaigne pour obtenir un arrière-goût amer caractéristique.
5.2 Myrte blanc
Le myrte blanc est obtenu à partir de baies claires ou, en leur absence (plus rare), par macération de feuilles fraîches et de jeunes rameaux. Le profil aromatique est plus herbacé, floral et moins sucré que le rouge.
Ingrédients (pour environ 1 litre de liqueur)
300 g de baies de myrte blanc (ou 150 g de feuilles fraîches + 50 g de baies blanches)
500 ml d’alcool alimentaire à 95
300 ml d’eau minérale
250 g de sucre en poudre
l’écorce de ½ citron non traité (uniquement la partie jaune, sans albédo)
Procédure :
Macération (20-30 jours) : Placez les baies (ou les feuilles), le zeste de citron et l’alcool dans le bocal en verre. La macération du myrte blanc est plus courte car les feuilles libèrent rapidement les huiles essentielles. Agitez tous les 2 jours. La couleur finale sera jaune doré, plus claire et plus transparente que le rouge.
Sirop et mélange : Comme pour la myrte rouge, mais avec des proportions de sucre réduites pour renforcer la fraîcheur herbacée. Filtrez soigneusement, car les feuilles peuvent troubler le liquide.
Clarification (facultative) : Pour obtenir un produit limpide, laissez la liqueur filtrée au réfrigérateur pendant 48 heures : la basse température précipite les particules éventuelles. Filtrez à nouveau avant la mise en bouteille.
Service : Excellent servi très froid dans un verre réfrigéré comme digestif ou apéritif ; il se prête également aux cocktails avec du prosecco ou du tonic.
5.3 Variantes et conseils du maître liquoriste
Les liquoristes sardes expérimentés transmettent quelques conseils qui font la différence entre un myrte médiocre et un myrte extraordinaire :
Cueillez les baies après les premières pluies d’automne et ne les lavez pas : la patine blanche qui les recouvre (la « pruine » cireuse) contient de précieux parfums.
N’écrasez jamais les baies : les graines internes contiennent des composés amers qui déséquilibrent le profil de la saveur.
Utilisez de l’alcool à 95° (pas de grappa ou de vodka pour la première macération) : le taux d’alcool élevé extrait mieux les pigments et les huiles essentielles. La dilution avec du sirop ramène le taux d’alcool à des valeurs idéales.
La température de macération est cruciale : entre 15 et 20 °C. Le froid ralentit trop l’extraction, la chaleur l’accélère mais dégrade les arômes.
Pour un myrte « cru » – monovariétal et territorial – récoltez dans un seul site (par exemple le maquis côtier sarde ou la forêt de chênes-lièges de l’intérieur) et notez les coordonnées : comme pour le vin, le terroir du myrte est une valeur ajoutée.
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6. Conclusion : le myrte silencieux qui parle à tous
Le myrte est l’une de ces rares plantes où l’histoire naturelle et l’histoire humaine sont si profondément imbriquées qu’elles en deviennent indiscernables. Plante d’Aphrodite et d’Esther, plante de Goethe et de D’Annunzio, plante des médecins antiques et des liquoristes modernes, le myrte a traversé les siècles sans perdre ni sa concrétude aromatique ni son aura symbolique.
Dans la littérature, le myrte est le gardien silencieux des grands thèmes humains : l’amour et le deuil, la patrie perdue et le désir de beauté, le caractère sacré de la nature et le plaisir des sens. Du vers de Goethe – « Die Myrte still » – à la pluie de D’Annunzio qui fait frémir les myrtes divins, la plante est porteuse d’une élégance discrète, d’une profondeur qui ne crie pas mais qui chuchote. C’est ce silence éloquent qui en fait un symbole si puissant : le myrte n’a pas besoin d’imposer sa présence car son essence est déjà dans l’air.
Dans la vie de tous les jours, le myrte continue de s’imposer de mille façons : dans les pharmacies et les herboristeries grâce à ses extraits bénéfiques pour la santé respiratoire, cardiovasculaire et digestive ; dans les cuisines sardes qui parfument leurs rôtis avec des brins de myrte comme le faisaient les bergers nuragiques ; dans les verres de liqueur qui clôturent un repas avec une gorgée de macchia méditerranéenne distillée ; dans les couronnes des mariées qui, en Sardaigne, en Corse, en Grèce, tressent encore myrte et fleur d’oranger en hommage à un rituel millénaire.
Étudier le myrte, c’est donc parcourir l’histoire de la civilisation occidentale sous un angle inhabituel mais révélateur : celui d’une petite plante rustique et odorante, capable de survivre à la sécheresse et au feu, de pousser sur les rochers et les sables. Comme la poésie et la médecine : enracinées dans le passé, indispensables au présent.
« Là, là
Je voudrais partir avec vous, ô mon bien-aimé ».
– Mignon – J. W. von Goethe
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Annexe de citations
Sont rassemblés ici les passages dans lesquels le myrte est directement nommé ou fait partie du noyau symbolique discuté dans l’essai. Les traductions italiennes sont éditoriales et visent à clarifier les références botaniques et littéraires.
Johann Wolfgang von Goethe, Wilhelm Meisters Lehrjahre, livre III, chapitre 1 : Mignons Lied
Texte original
Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn,
Les oranges dorées s’illuminent dans l’eau sombre,
Un vent plus sain souffle sur l’Himmel bleu,
Die Myrte still und hoch der Lorbeer steht ?
Traduction en italien
Vous connaissez le pays où fleurissent les citrons,
où les oranges dorés brûlent dans le feuillage sombre,
où un vent doux souffle du ciel bleu,
où le myrte se tait et le laurier s’élève ?
Références et liens : Goethe, Wilhelm Meisters Lehrjahre, livre III, ch. 1 ; texte du Lied de Mignon. https://www.lieder.net/lieder/get_text.html?TextId=6460
Bible hébraïque, Lévitique 23:40
Texte original
וּלְקַחְתֶּם לָכֶם … וַעֲנַף עֵץ-עָבֹת … וּשְׂמַחְתֶּם לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם שִׁבְעַת יָמִים
Traduction en italien
Vous prendrez pour vous … des branches d’un arbre feuillu … et vous vous réjouirez devant le Seigneur votre Dieu pendant sept jours. Dans la tradition rabbinique, la branche feuillue est identifiée au myrte, hadas.
Référence et lien : Tanakh, Lévitique 23:40 ; le passage justifie l’utilisation rituelle du myrte parmi les quatre espèces de Sukkot. https://www.sefaria.org/Leviticus.23.40
Bible hébraïque, Isaïe 41:19
Texte original
אֶתֵּן בַּמִּדְבָּר אֶרֶז שִׁטָּה וַהֲדַס וְעֵץ שָׁמֶן
Traduction en italien
Je placerai dans le désert des cèdres, des acacias, des myrtes et des oliviers sauvages (le myrte devient le signe d’une création restaurée).
Référence et lien : Tanakh, Isaïe 41:19. https://www.sefaria.org/Isaiah.41.19
Bible hébraïque, Isaïe 55:13
Texte original
תַּחַת הַנַּעֲצוּץ יַעֲלֶה בְרוֹשׁ תַּחַת הַסִּרְפַּד יַעֲלֶה הֲדַס
Traduction en italien
A la place de la ronce poussera le cyprès, à la place de l’ortie poussera le myrte (image de consolation et de renouveau).
Référence et lien : Tanakh, Isaïe 55:13. https://www.sefaria.org/Isaiah.55.13
Bible hébraïque, Zacharie 1:8
Texte original
וְהוּא עֹמֵד בֵּין הַהֲדַסִּים אֲשֶׁר בַּמְּצֻלָה
Traduction en italien
Il se tenait au milieu des myrtes qui étaient dans la vallée : (le myrte devient un paysage visionnaire, une plante de profondeur et de garde).
Référence et lien : Tanakh, Zacharie 1:8. https://www.sefaria.org/Zechariah.1.8
Pausanias, Périégèse de la Grèce, VI, 24, 7
Texte original
τὸ δὲ ῥόδον καὶ ἡ μυρσίνη Ἀφροδίτῃ μὲν ἱεράἈδώνιδι δὲ ἐς μνήμην ἔχει λόγον.
Traduction en italien
La rose et le myrte sont sacrés pour Aphrodite et renvoient, par un souvenir mythique, à l’histoire d’Adonis.
Références et liens : Pausanias, Description de la Grèce, 6.24.7. https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0160:book=6:chapter=24:section=7
Virgile, Eclogues, VII, 61-64
Texte original
Populus Alcidae gratissima, vitis Iaccho,
formosae myrtus Veneri, son degré Phoebo ;
Phyllis amat corylos : illas dum Phyllis amabit,
nec myrtus vincet corylos nec laurea Phoebi.
Traduction en italien
Le peuplier est cher à Alcide, la vigne à Iacus, le myrte à la belle Vénus, son laurier à Phoebus ; Phyllis aime le noisetier : tant que Phyllis les aimera, ni le myrte ne gagnera le noisetier ni le laurier de Phoebus.
Référence et lien : Vergile, Eclogue 7, vv. 61-64. https://www.theoi.com/Text/VirgilEclogues.html
Virgile, Enéide, VI, 440-444
Texte original
Hic quos durus amor crudeli tabe peredit
secreti celant calles et myrtea circum
silva tegit ; curae non ipsa in morte relinquunt.
Traduction en italien
Ici, ceux que l’amour dur a consumés par une maladie cruelle se cachent dans des sentiers isolés, et tout autour d’eux un bois de myrte les recouvre ; les chagrins ne les abandonnent pas, même dans la mort.
Référence et lien : Vergile, Enéide, livre 6, vv. 440-444. https://la.wikisource.org/wiki/Aeneis/Liber_VI
Ovide, Fasti, IV, 139-144 env.
Texte original
Vos quoque sub viridi myrto iubet ipsa lavari ;
causaque cur iubeat, discite, certa subest.
Litore siccabat rorantes nuda capillos ;
viderunt satyri, turba proterva, deam.
Sensit et opposita texit sua corpora myrto.
Traduction en italien
A vous aussi la déesse ordonne de vous laver sous le myrte vert : apprenez la raison certaine de l’ordre. Nue, sur le rivage, elle sécha ses cheveux ruisselants ; les satyres la virent, une foule impudique. Elle les remarque et se couvre le corps de myrte.
Références et liens : Ovide, Fasti, livre 4 ; rite de Vénus Verticordia et mythe du myrte protecteur. https://www.latin-is-simple.com/en/library/ovid/fasti/book-4/
Ovide, Ars amatoria, III, 689-690
Texte original
Ros maris et lauri nigraque myrtus olent.
Traduction en italien
Senteurs de romarin, de laurier et de myrte noir.
Référence et lien : Ovide, Ars amatoria, livre 3, v. 690. https://www.thelatinlibrary.com/ovid/ovid.artis3.shtml
Horace, Carmina, I, 38
Texte original
Simplici myrto nihil adlabores
sedulus curo : neque te ministrum
dedecet myrtus neque me sub arta
vite bibentem.
Traduction en italien
Ne vous préoccupez pas d’ajouter quoi que ce soit à la simple myrte : la myrte ne vous déplaît pas, échanson, ni à moi qui bois sous la vigne épaisse.
Références et liens : Horace, Odes 1.38. https://en.wikisource.org/wiki/Translation:Odes_(Horace)/Book_I/38
Pline l’Ancien, Naturalis Historia, XV, 36-38
Texte original
Myrtus … Veneris tutelae dicata ; Tarentina folio minimo, Romana latiore, coniugula a nuptiis appellata.
Traduction en italien
Le myrte est placé sous la protection de Vénus ; parmi les variétés cultivées, Pline mentionne la Tarentine à petites feuilles, la Romaine à feuilles plus larges et la coniugula, qui est liée aux mariages.
Références et liens : Pline l’Ancien, Histoire naturelle, livre 15, chapitres 36-38 ; résumé du passage sur les variétés de myrte. https://en.wikisource.org/wiki/Natural_History_(Rackham,_Jones,_%26_Eichholz)/Book_15
Pedanius Dioscorides, De materia medica, I, 112
Texte original
μυρσίνη ἡ ἥμερος … ἡ μέλαινα τῆς λευκῆς ἁρμοδιωτέρα … στύφει δὲ καὶ ὁ καρπὸς αὐτῆς.
Traduction en italien
Le myrte noir cultivé est plus adapté à l’usage médical que le myrte blanc ; la plante et le fruit ont des propriétés astringentes.
Références et liens : Dioscoride, De materia medica, 1.112 ; texte grec de Wellmann et traduction de référence de Beck. https://archimed.ucla.edu/plant/myrtle/
Gabriele D’Annunzio, Alcyone : La pioggia nel pineto
Texte original
Il pleut sur les tamaris
saumâtre et brûlé,
il pleut sur les pins
écailleux et hérissé,
il pleut sur les myrtes
divine,
sur l’ajonc lumineux
de fleurs sont les bienvenus.
Référence et lien : D’Annunzio, Alcyone, La pioggia nel pineto, vv. 10-17. https://it.wikisource.org/wiki/Alcyone/La_pioggia_nel_pineto
Résumé
Introduction : brève histoire du myrte de l’Antiquité à nos jours 2
1. La myrte chez Goethe : poésie, science et Weltliteratur 5
1.1 « Mignons Lied » : le vers de myrte. 5
Le texte original de la première strophe est le suivant : 5
1.2 Réception musicale et littéraire du lied des Mignons. 5
1.3 La myrte dans d’autres œuvres de Goethe. 6
2. Le symbolisme du myrte dans la littérature universelle. 6
2.1 Du mythe grec à la tradition juive. 6
2.2 Le myrte dans la littérature latine et la Renaissance. 6
2.3 Les « myrtes divins » dans D’Annunzio : La pioggia nel pineto. 7
3. Le myrte dans la pharmacopée ancienne et moderne. 8
3.2 La Renaissance et la pharmacopée moderne 8
4. Le myrte dans la production moderne d’extraits et de liqueurs 9
4.1 Extraits phytothérapeutiques et cosmétiques 9
4.2 Liqueur de myrte : l’excellence sarde dans le monde. 10
5. Recettes pour l’élaboration de la liqueur de myrte. 11
5.1 Myrte rouge (traditionnel). 11
Ingrédients (pour environ 1,5 litre de liqueur) : 11
Ingrédients (pour environ 1 litre de liqueur) : 11
5.3 Variantes et conseils du maître liquoriste. 12
6. Conclusion : le myrte silencieux qui parle à tous 12
Johann Wolfgang von Goethe, Wilhelm Meisters Lehrjahre, livre III, ch. 1 : Mignons Lied. 14
Bible hébraïque, Lévitique 23:40. 14
Bible hébraïque, Isaïe 41:19. 14
Bible hébraïque, Isaïe 55:13. 14
Bible hébraïque, Zacharie 1:8. 15
Pausanias, Périégèse de la Grèce, VI, 24, 7. 15
Virgile, Eclogues, VII, 61-64. 15
Virgile, Enéide, VI, 440-444. 15
Ovide, Fasti, IV, c. 139-144. 16
Ovide, Ars amatoria, III, 689-690. 16
Pline l’Ancien, Naturalis Historia, XV, 36-38. 16

